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Maison & Travaux

Chauffage au gaz : quelle température pour économiser ?

Entre le retour d’école, les nuits des enfants et les pièces inoccupées, un thermostat réglé au hasard peut peser sur la facture de gaz. Voici les températures utiles, la programmation et les réglages de chaudière qui protègent à la fois le confort familial et le budget.

10 min de lecture Mis à jour le
Parent réglant un thermostat mural dans un salon familial lumineux, près d’un radiateur

L’essentiel en 4 points

  • Visez 19 °C dans les pièces de vie occupées, puis adaptez pièce par pièce plutôt que de chauffer toute la maison à la même température.
  • La température affichée par le thermostat et celle de l’eau de la chaudière sont deux réglages distincts : les confondre fait souvent gaspiller du gaz.
  • Une baisse de 1 °C représente un ordre de grandeur d’environ 7 % d’énergie de chauffage en moins, mais seulement si le logement reste confortable et sain.
  • Programmez des réduits courts pendant les absences et entretenez la chaudière chaque année pour la sécurité de toute la famille.

La bonne température, pièce par pièce, pour une famille

Il n’existe pas une température unique qui convienne à toute la maison. Le bon réglage tient compte de l’activité, de l’heure, de l’isolation et des personnes présentes. Une famille n’a pas les mêmes besoins dans le salon à 19 heures, dans une chambre d’adulte la nuit ou dans la salle de bains occupée dix minutes. Commencez avec des repères simples, puis ajustez par paliers de 0,5 °C après deux ou trois jours d’essai.

Pièce ou situationTempérature de départ conseilléePourquoi ce réglage est pertinent
Salon, séjour, pièce de télétravail occupée19 °CUn compromis courant entre confort assis, activités familiales et maîtrise de la consommation.
Cuisine18 °CLa cuisson, le four et les appareils apportent déjà de la chaleur ; surveillez toutefois les courants d’air.
Chambre d’adulte la nuit16 à 17 °CUne pièce un peu fraîche est généralement plus adaptée au sommeil que 20 °C maintenus toute la nuit.
Chambre de bébé ou jeune enfant18 à 20 °CMesurez au niveau du couchage, loin du radiateur et de la fenêtre. L’âge et l’état de santé peuvent justifier un avis médical.
Salle de bains au moment de l’usage21 à 22 °CChauffez ponctuellement avant le bain ou la douche plutôt que de maintenir cette température toute la journée.
Couloir, entrée, pièces peu utilisées16 à 17 °CCes zones servent de transition ; les surchauffer augmente peu le confort ressenti.
Absence de quelques heures16 à 17 °CUne réduction modérée limite les pertes sans imposer une remontée longue au retour.
Absence de plus de 48 heures12 à 14 °C, selon logementÀ adapter au risque de gel, à l’humidité et aux consignes de votre chaudière ; ne vous fiez pas au seul mode hors-gel.
Repères de température ambiante mesurée dans la pièce, et non température réglée sur la chaudière.

Pour les enfants, la température ne se décide pas uniquement avec le thermostat du couloir. Placez un thermomètre dans leur chambre à environ 1 mètre du sol, à distance d’une fenêtre, d’un mur extérieur et du radiateur. Une chambre à 19 °C près de la porte peut être sensiblement plus froide au niveau du lit si l’air circule mal. Évitez aussi de coller un meuble ou des rideaux contre le radiateur : la chaleur reste bloquée et la pièce chauffe moins bien.

Thermostat et chaudière : deux températures à ne pas confondre

Le thermostat d’ambiance fixe une température d’air souhaitée : par exemple 19 °C dans le séjour. La chaudière, elle, chauffe de l’eau qui circule dans les radiateurs ou le plancher chauffant. Son réglage porte sur la température de départ de cette eau. Afficher 19 °C sur le thermostat ne signifie donc pas que l’eau de la chaudière doit être à 19 °C ; ce seraient deux choses totalement différentes.

Avec une chaudière à condensation, baissez l’eau de chauffage progressivement

Une chaudière à condensation est plus performante lorsque l’eau qui revient des radiateurs reste assez fraîche pour permettre la condensation des fumées. En pratique, il est souvent utile de chercher la température d’eau de chauffage la plus basse qui permet tout de même d’atteindre la consigne les jours froids. Sur des radiateurs anciens et peu dimensionnés, une eau autour de 55 à 65 °C peut être nécessaire par grand froid ; sur des émetteurs plus généreux ou un plancher chauffant, elle peut être nettement plus basse. Faites varier un seul réglage à la fois, par petites étapes, et demandez conseil à un chauffagiste si la chaudière n’atteint plus la consigne.

La sonde extérieure, lorsqu’elle est installée, automatise ce compromis : elle ajuste la température de l’eau selon le froid dehors. C’est particulièrement intéressant quand les horaires familiaux sont réguliers, car la maison monte plus doucement en température au lieu d’alterner des démarrages brusques. Ne modifiez pas au hasard la « pente de chauffe » dans les menus techniques : notez le réglage initial, changez légèrement, puis observez le résultat sur plusieurs jours.

L’eau chaude sanitaire se règle séparément

Le réglage de l’eau de chauffage n’est pas celui de l’eau des robinets. Ne baissez pas au hasard la température d’un ballon d’eau chaude : elle doit respecter les prescriptions du fabricant et les règles d’hygiène applicables à l’installation. Avec de jeunes enfants, le risque de brûlure au robinet se gère plutôt par un mitigeur correctement réglé, et si besoin par l’avis d’un professionnel, que par une modification hasardeuse de la chaudière.

La méthode en six étapes pour trouver votre réglage idéal

Un bon réglage se teste sur une semaine représentative, pas après une seule soirée froide. L’objectif est d’obtenir la température voulue aux heures utiles, sans pièces étouffantes ni chaudière qui redémarre sans cesse. Cette méthode évite les réglages contradictoires entre thermostat, robinets thermostatiques et chaudière.

  1. Mesurez avant de modifier

    Relevez pendant trois jours la température du séjour, des chambres et de la salle de bains avec un thermomètre indépendant. Notez l’heure, la météo, les fenêtres ouvertes et les pièces réellement occupées.

  2. Fixez une consigne de base

    Réglez 19 °C dans la pièce où vit le plus souvent la famille. Ouvrez suffisamment les robinets thermostatiques de cette pièce : le thermostat doit pouvoir mesurer une montée en température normale.

  3. Réduisez les chambres et les zones secondaires

    Ajustez les robinets thermostatiques des chambres, du couloir et de la cuisine selon les repères du tableau. Fermez une porte si une pièce peu utilisée est maintenue plus fraîche, sans obstruer la ventilation.

  4. Programmez les périodes d’absence

    Prévoyez 16 à 17 °C pendant l’école ou le travail, puis le retour à la température de confort avant l’arrivée de la famille. Avec un plancher chauffant, lancez la remontée plusieurs heures plus tôt : son inertie est importante.

  5. Ajustez la chaudière seulement ensuite

    Si les radiateurs sont très chauds mais que le salon dépasse la consigne, agissez d’abord sur la régulation. Si la maison ne chauffe pas malgré des robinets ouverts, essayez une légère hausse de la température d’eau, selon la notice.

  6. Contrôlez la facture et le ressenti

    Comparez la consommation sur des périodes de météo semblable, pas uniquement le montant en euros. Après une semaine, déplacez la consigne de 0,5 °C si nécessaire et gardez le réglage qui convient réellement à votre foyer.

  • Ne mettez pas le thermostat à 25 °C pour chauffer plus vite : la plupart des installations ne chauffent pas plus rapidement, elles continuent seulement plus longtemps et surchauffent ensuite.
  • Ne placez pas le thermostat derrière un rideau, au soleil, au-dessus d’un radiateur, près d’une porte d’entrée ou dans la cuisine : sa mesure sera faussée.
  • N’éteignez pas systématiquement tout le chauffage pour une courte absence en hiver. Dans un logement humide ou mal isolé, la remise en route peut être longue et inconfortable.
  • Ne fermez pas tous les radiateurs en même temps. Certaines installations ont besoin d’un débit minimal ; consultez la notice ou votre chauffagiste.
  • Ne changez pas trois paramètres le même jour : vous ne saurez plus ce qui améliore ou dégrade le confort.

Programmer le chauffage autour des rythmes de la maison

La programmation est utile si elle suit de vrais créneaux d’absence. Dans une famille qui quitte le domicile de 8 h 15 à 17 h 30, abaisser légèrement la température durant la journée évite de chauffer un logement vide. À l’inverse, si un parent télétravaille ou qu’un bébé dort à la maison, une réduction globale peut être inadaptée : mieux vaut chauffer la pièce occupée et diminuer les autres grâce aux robinets thermostatiques.

Thermostat programmable classique

  • Atouts : horaires stables, fonctionnement simple, coût d’achat généralement plus contenu.
  • Pas besoin de téléphone ni de connexion internet.
  • Convient si les départs, retours et couchers restent prévisibles.
  • Limites : une modification imprévue exige d’intervenir sur l’appareil ; peu de suivi détaillé.

Thermostat connecté

  • Atouts : modification à distance, suivi des températures et parfois détection d’absence selon le modèle.
  • Pratique pour un planning variable, un week-end prolongé ou un retour anticipé avec les enfants.
  • Limites : coût plus élevé, connexion nécessaire et réglages parfois trop complexes.
  • Les fonctions automatiques ne remplacent pas une consigne cohérente ni l’entretien de la chaudière.

Pour une maison avec radiateurs, programmez en général le retour au confort 30 à 60 minutes avant le réveil ou l’arrivée prévue, puis corrigez selon l’inertie réelle du logement. Une maison en pierre, un grand volume ou un plancher chauffant demandent davantage d’anticipation. Gardez un programme simple : confort le matin et le soir, réduit pendant l’absence et la nuit. Des horaires trop découpés multiplient les réglages sans toujours faire baisser la consommation.

Réduire la facture sans demander à la famille d’avoir froid

Baisser la consigne d’1 °C peut représenter, en ordre de grandeur, environ 7 % d’énergie de chauffage économisée. Ce n’est pas une réduction automatique de 7 % de la facture totale : le résultat dépend de la météo, du prix du gaz, de l’isolation, de l’eau chaude sanitaire et des habitudes. Pour un logement qui consommerait 10 000 kWh par an uniquement pour le chauffage, cela correspondrait approximativement à 700 kWh. C’est un repère pour décider, pas une promesse d’économie identique chez vous.

  • Dégagez au moins la face avant des radiateurs : un canapé ou un meuble collé devant freine la diffusion de chaleur.
  • Purgez les radiateurs s’ils restent froids en partie haute ou font des bruits d’eau ; en cas de doute sur la pression ou de fuites, faites intervenir un professionnel.
  • Fermez volets, stores et rideaux le soir, mais sans recouvrir un radiateur en fonctionnement.
  • Réparez les joints de fenêtre fatigués et posez un bas de porte si l’air passe nettement ; ce sont des travaux peu coûteux avant d’envisager une rénovation plus lourde.
  • Suivez les kWh consommés sur vos factures ou votre compteur plutôt que le seul euro payé, qui varie aussi avec l’abonnement et le tarif du gaz.

Cas particuliers : bébé, télétravail, logement humide ou mal isolé

Dans la chambre d’un nourrisson, gardez un contrôle indépendant : le thermostat installé dans le séjour ne suffit pas. Une plage de 18 à 20 °C est habituellement retenue comme repère, mais l’emplacement du lit compte autant que le chiffre. Ne posez pas le couchage près d’un radiateur, d’une baie froide ou sous un flux d’air. En cas de prématurité, de maladie respiratoire ou de recommandation médicale particulière, suivez l’avis du professionnel qui accompagne votre enfant.

En télétravail, ne chauffez pas forcément tout l’étage à 19 °C. Conservez 19 °C dans le bureau occupé, maintenez les chambres et pièces vides autour de 16 à 17 °C, puis laissez les portes fermées si la configuration le permet. Une couverture, un tapis et des vêtements adaptés améliorent le confort d’une personne immobile sans imposer une température élevée à toute la famille. Veillez toutefois à ne pas obstruer les grilles d’aération.

Dans un logement mal isolé, le thermostat peut afficher 19 °C alors que les murs sont froids et que les occupants ressentent 17 °C. Avant d’augmenter durablement la consigne, observez les fenêtres, les entrées d’air parasites, les murs humides et l’équilibrage des radiateurs. Si de la condensation apparaît régulièrement sur les vitres ou si des moisissures reviennent, un diagnostic par un professionnel peut être plus utile qu’un réglage de chaudière. Chauffer davantage ne corrige pas une humidité installée.

Sécurité : les vérifications indispensables avec une chaudière au gaz

Une chaudière individuelle au gaz doit faire l’objet d’un entretien annuel par un professionnel qualifié. Cette visite vérifie notamment le fonctionnement de l’appareil, la combustion et les émissions de monoxyde de carbone. Gardez l’attestation : elle est utile pour suivre l’installation et peut être demandée par un assureur ou un bailleur. Entre deux entretiens, n’obstruez jamais les grilles de ventilation, même si elles laissent passer un peu d’air froid.

Un détecteur de monoxyde de carbone peut compléter la prévention, surtout si la chaudière est proche des pièces de vie ou si le logement comporte un appareil à combustion. Il ne remplace ni l’entretien ni une ventilation fonctionnelle. Maux de tête, nausées, vertiges ou fatigue inhabituelle touchant plusieurs personnes du foyer doivent faire penser à un risque possible, sans permettre de conclure à eux seuls à une intoxication.

Questions fréquentes

19 °C dans le salon, n’est-ce pas trop froid avec des enfants ?

Pas forcément, à condition que la température soit réellement mesurée dans la zone de vie et que la pièce ne soit ni humide ni traversée par des courants d’air. Pour un jeune enfant qui joue au sol, un tapis et des vêtements adaptés peuvent améliorer le confort. Si le ressenti reste mauvais, vérifiez d’abord l’isolation, les fenêtres et le placement du thermostat avant d’augmenter toute la maison.

Faut-il couper complètement le chauffage au gaz quand nous partons travailler ?

Pour une absence de quelques heures, une consigne réduite autour de 16 à 17 °C est souvent plus confortable et plus simple à gérer qu’un arrêt complet. Dans une maison très bien isolée, l’écart peut être plus important ; dans un logement humide ou froid, un arrêt peut rendre le retour difficile. Adaptez aussi le réglage au risque de gel et à la notice de la chaudière.

Quelle température mettre sur une chaudière à gaz avec radiateurs ?

Il n’y a pas de valeur universelle : elle dépend de la taille des radiateurs, de l’isolation et de la température extérieure. Avec une chaudière à condensation, cherchez progressivement la température d’eau la plus basse qui permet d’atteindre la consigne. Certains réseaux anciens réclament davantage de chaleur par grand froid. Si les pièces ne montent pas en température, demandez un contrôle de l’équilibrage et du dimensionnement.

Quelle température pour la chambre d’un bébé en hiver ?

Une plage de 18 à 20 °C est un repère généralement utilisé. Mesurez près du couchage, mais sans placer le thermomètre contre un mur extérieur, une fenêtre ou un radiateur. Évitez de surchauffer la chambre et adaptez les vêtements de nuit à la température réellement constatée. Pour un bébé prématuré, malade ou suivi pour une pathologie particulière, demandez l’avis du professionnel de santé qui le suit.

Baisser d’un degré fait-il vraiment économiser 7 % de gaz ?

Les 7 % sont un ordre de grandeur souvent retenu pour l’énergie consacrée au chauffage, pas une garantie sur votre facture finale. Le gain dépend de la météo, de l’étanchéité du logement, des absences, du rendement de la chaudière et de la part d’eau chaude sanitaire. Pour juger chez vous, comparez les kWh de deux périodes aux températures extérieures proches, après avoir conservé le réglage plusieurs semaines.

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